Demain

Demain
ne sera qu’une saison déjà accomplie.

Peu de temps aura été accordé
à l’enclos des heures,
le front posé contre la limite du monde,
à contempler la lente rotation du soir
au-dessus des plates-bandes immobiles.

Un appel aura été contenu,
comme se retient une sève trop âcre,
car nul n’écoute
le jardin délaissé
où le vent poursuit seul son office.

Le corps se sera replié
au centre obscur,
en posture de graine,
dans la terre ancienne
que la solitude retourne sans relâche.

Il aura fallu attendre
que le bassin baisse,
jusqu’à laisser paraître
l’amertume secrète
des racines blessées.

Au matin suivant,
une silhouette identique
aura repris son pas dans les mêmes allées,
accomplissant les gestes immuables
du gardien fatigué de son propre domaine,

Implacablement semblable
à la veille.

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